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Coupe budgétaire : pourquoi la polémique ?

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default Coupe budgétaire : pourquoi la polémique ?

Message par Admin le Lun 22 Avr - 2:56

Depuis 2007, les dépenses d'investissements explosent. Pour 2013, le montant global des crédits de paiement dépasse les 100 milliards de DH. Avec une consommation très élevée, le pays a d'énormes problèmes de financement.


«La soutenabilité des équilibres macroéconomiques semble devoir s’inviter, aujourd’hui plus que jamais, à une réévaluation de notre modèle de croissance dans sa triple dimension de l’investissement, de la consommation et en particulier du financement». Ce constat est du Haut commissariat au plan (HCP), et il l’a dressé au début de cette année, à l’occasion de sa présentation du budget économique prévisionnel de l’année 2013. En réalité, ce n’est pas la première fois que le HCP alertait sur la soutenabilité du modèle actuel de croissance. Ces dernières années, il y revient de façon itérative pour dire en gros ceci : le Maroc a mis en œuvre une politique budgétaire expansionniste, faisant exploser le taux d’investissement et améliorant de façon régulière la consommation des ménages ; et en contrepartie, la balance commerciale se dégrade de plus en plus, le déficit budgétaire file à vive allure et le financement de l’économie devient problématique.

Les gouvernements successifs -car ce n’est pas le propre de l’actuel- ont-ils tenu compte de ces alertes ? Bien sûr que non, sinon le déficit budgétaire, devenu aujourd’hui problématique, ne se serait pas aggravé de façon aussi spectaculaire qu’il l’a été ces deux dernières années. De ce point de vue, la polémique à propos du volume de l’investissement budgétaire pour l’exercice 2013 qui enfle depuis quelques jours, pose un problème qui peut être résumé ainsi : l’erreur, s’il y en a une, ce n’est pas d’avoir gelé 15 milliards de DH de dépenses de paiement, c’est de les avoir programmés.

Il faut bien le dire, depuis 2007, il y a eu une...explosion des dépenses d’investissement. Contenues dans la limite de 20 milliards de DH jusqu’en 2006, les dépenses d’investissement du budget ont brusquement augmenté de quelque 25% en 2007, de 38,5% en 2008, de 25,5% en 2009 et encore de 20% en 2010 ! En 2011, elles ont été stabilisées à leur niveau de 2010, soit 53,9 milliards de DH, et en 2012 elles ont progressé encore de 10%. Pour 2013, elles ont été maintenues à leur niveau de 2012, soit 59 milliards de DH.

Mais ce que l’on ne dit pas assez, ou ce que certains observateurs ne semblent pas avoir suffisamment observé, c’est que l’investissement ne se limite pas à ces seuls montants que l’on retrouve chaque année dans le budget au titre des charges de l’Etat. Il y a également, et depuis longtemps, des crédits de report et des crédits d’engagement pour l’exercice suivant, si bien que le montant global des crédits de paiement mis à la disposition des administrations publiques atteint des montants qui peuvent donner le vertige. Pour 2013, par exemple, l’enveloppe totale des crédits d’investissement de l’administration se monte à 100,6 milliards de DH.

Ce montant est composé des crédits d’investissement de l’exercice 2013 pour 58,91 milliards de DH, des crédits de report pour 13,5 milliards de DH, et des crédits d’engagement pour 28,15 milliards de DH. Et cela, sans parler des dépenses d’investissement des comptes spéciaux du Trésor, des collectivités locales, des entreprises et établissements publics et des services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA). Au total, le volume global des investissements publics (investissements consolidés) se chiffre à 180,3 milliards de DH en 2013 (voir graphe).

Pour s’en tenir aux dépenses d’investissement du budget, les montants sont arrêtés, bien évidemment, avant la fin de l’exercice. Il se trouve que cette année, environ un mois après le vote de la Loi de finances, on se rend compte que les crédits de report, ce n’est plus 13,5 milliards DH, mais 21 milliards. Du coup, le volume global des crédits de paiement n’est plus de 100,6 milliards de DH, mais de 108,1 milliards. Avec le déficit budgétaire de 7,2% du PIB en 2012, et qui n’a été connu que bien après la clôture de l’exercice, le gouvernement a dû se rendre compte qu’à ce rythme, les dépenses d’investissement ne pouvaient que faire déraper encore plus les finances publiques. Et c’est ainsi qu’il décide, moyennant un décret, de “couper” une partie des crédits de report : 15 milliards de DH.

Quels choix pour maîtriser le déficit budgétaire ?

Maintenant, est-ce que ces 15 milliards en moins vont affecter la croissance ? Il est franchement difficile d’affirmer quoi que ce soit. Pour une raison simple : chaque année, il y a des reports de crédits, ce qui veut dire que l’on ne réalise presque jamais la totalité des dépenses prévues.

Ceci, d’une part. D’autre part, le modèle de croissance du Maroc, fondé sur la demande intérieure, pose depuis quelque temps d’énormes problèmes de financement. Avec des mots plus simples, on dira que le pays n’a plus les moyens financiers pour soutenir un tel niveau d’investissement et de consommation. Le piège, pour ainsi dire, de ce modèle est qu’il génère un double déficit : celui des finances publiques, en raison de budgets d’investissement volontaristes et de charges de compensations de plus en plus pesantes, et celui des comptes extérieurs à cause de la croissance soutenue des importations précisément pour satisfaire la demande intérieure ; le tout dans un contexte de fort renchérissement des matières premières importées, notamment l’énergie.

Résultat : le gap entre le taux d’épargne nationale et le taux d’investissement ne cesse de se creuser : il a atteint 10% du PIB en 2012, au lieu de 8% en 2011 et 4,5% en 2010. Et si l’on ne tenait compte que de l’épargne intérieure, l’écart avec le niveau de l’investissement culmine à 11,5% en moyenne entre 2008 et 2012, contre une moyenne de 6,3% entre 2004 et 2007 ! C’est proprement insoutenable. Et cela explique le changement de trajectoire de la courbe d’endettement du Trésor : après un mouvement baissier, la courbe depuis trois ans se remet à grimper et elle frôle aujourd’hui les 60% du PIB.

Dans ces conditions, vouloir maîtriser le déficit budgétaire, c’est nécessairement faire des choix ; et le plus simple, sur le plan technique si l’on peut dire, c’est de réduire le rythme des investissements budgétaires. Mais alors dans quelles proportions et quel pourrait en être l’impact ? Car, il est clair que le gel de 15 milliards de DH ne peut avoir qu’un impact minime sur le solde du budget. L’autre possibilité serait de réfréner la consommation, et là une multitude d’instruments existent, mais leur maniement est très délicat, pour le moins : augmenter les impôts (pour qui et dans quelles proportions ?), geler les salaires, et, pourquoi pas, utiliser la variable monétaire pour agir sur les taux d’intérêt (à ceci près que la banque centrale est une institution autonome, dont les missions sont clairement fixées par la loi).

Qu’ont fait les pays qui ont été confrontés à ce genre de difficulté ? L’Argentine, qui a connu une crise aiguë en 2002, avec un déficit budgétaire de 16%, a réduit sa consommation de près de 10 points, en passant de 84,5% du PIB à 75% en 2011. Parallèlement elle a augmenté l’investissement en le faisant passer de 12% du PIB en 2002 à 22,6% en 2011. L’Espagne et le Portugal ont fait l’inverse : ils ont baissé l’investissement et augmenté la consommation.

Rappelons ici que le Maroc a un taux d’investissement parmi les plus élevés au monde. Dans le même temps, la consommation reste également très élevée, à 80% du PIB. Pour un pays faiblement exportateur, il est difficile de maintenir à ces niveaux-là les deux variables (consommation et investissement). La Chine, par exemple, a un taux d’investissement supérieur à celui du Maroc (45,5% du PIB), mais sa consommation ne représente plus que 47,7% du PIB au lieu de 62,5% en 2000. A méditer...



Investissement et consommation élevés mais faible rendement
L’investissement et la consommation sont les deux variables principales de la croissance au Maroc. Le problème est que l’investissement, et surtout la consommation, présentent de faibles multiplicateurs d’emplois. La faiblesse du multiplicateur emploi de la consommation s’explique par la satisfaction d’une très grande partie des besoins par l’importation. Les emplois que la consommation devrait générer ici sont en fait créés dans les pays fournisseurs. Quant à l’investissement, la faiblesse de son multiplicateur tient à l’affectation des dépenses vers les infrastructures, lesquelles devraient inciter le secteur privé à consentir des investissements productifs. Ce n’est pas le cas. Par ailleurs, et comme le souligne une étude du HCP sur le sujet, le rendement de ces investissements reste encore faible : la quantité d’investissement nécessaire pour réaliser une unité de PIB se situe entre 5 et 6 points au Maroc, contre moins de 4 points en Corée et en Malaisie.


Salah Agueniou.
2013-04-22

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