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La Réforme du Système de l’Education et de la Formation : Bilan et perspectives

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default La Réforme du Système de l’Education et de la Formation : Bilan et perspectives

Message par Admin le Mer 2 Mai - 13:01



La Réforme du Système de l’Education et de la Formation : Bilan et perspectives Info_189

Au moment où l’opinion publique et l’ensemble de la communauté éducative sont en droit de réclamer le bilan de la mise en œuvre du plan d’urgence pour redonner un nouveau souffle à la réforme du système de l’éducation et de la formation, les dernières nouvelles ne sont guère réjouissantes.
De l’avis même des nouveaux responsables en charge des départements de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur, le bilan des réalisations demeure plus que mitigé. La suspension des mesures ayant été présentées dans un passé proche comme étant salutaires pour le renouveau éducatif et l’allusion faite au manque de transparence ayant entaché les dépenses allouées à cette opération de sauvetage ne peuvent qu’exaspérer davantage la crainte quant au devenir du système éducatif marocain.
Rappelons dans un premier temps que l’entreprise de la réforme ne peut plus s’inspirer des approches reléguant la résolution des problèmes structurels, auxquels se heurte l’école marocaine à des lendemains incertains ; comme elle ne peut être menée par des politiques conjoncturelles, incapables d’inscrire la réforme du système éducatif au sein même des grandes transformations sociales desquelles le développement du pays demeure tributaire.
Sachant d’autre part que le Maroc ne peut plus se permettre de consacrer des budgets plus que considérables au secteur de l’éducation et de la formation, sans que cet investissement ne soit le moteur d’une réelle amélioration de la qualité de l’enseignement, il s’avère de l’ordre de l’impératif d’apporter les réajustements qui s’imposent afin de relancer la réforme sur des bases plus solides.
Dès lors que la mise en œuvre du plan d’urgence pour redonner un nouveau souffle à la réforme du système éducatif a révélé des dysfonctionnements majeurs, l’heure d’établir le bilan des réalisations est à l’ordre du jour. A cet effet il s’avère nécessaire de reconsidérer à la fois l’évaluation de la démarche ayant inspiré la mise en place du plan d’urgence, les modalités de mise en œuvre ayant été adoptée et les mesures préconisées afin d’assurer l’adhésion de l’ensemble des acteurs éducatifs en faveur de la réforme.
Néanmoins quelque soit la pertinence des plans de réforme sectorielle, une stratégie globale de mise à niveau de l’école et de l’université marocaines présuppose l’articulation innovatrice de quatre composantes essentielles relatives à la fois à l’instauration d’un système efficient de pilotage et de la mise en œuvre du dispositif de la réforme, à l’introduction au sein des programmes scolaires des savoirs universellement établis, à la rénovation des méthodes d’enseignement et à l’adaptation des finalités de l’école aux pratiques sociales de référence .
Le préalable devant inspirer une telle démarche innovatrice, se rapporte inéluctablement à la philosophie de l’éducation devant s’accommoder avec le projet de société auquel aspire la nation Marocaine.
A cet égard, les philosophies éducatives qui incarnent l’esprit des temps modernes visent en premier lieu, à travers l’acte éducatif, à contribuer à l’émergence du sujet pensant en tant qu’individualité autonome et libre, faisant usage de la raison afin d’appréhender le monde social et naturel et s’inspirant des valeurs de droit, de la justice et du devoir en tant que citoyen œuvrant à assurer le bien vivre en faveur de l’ensemble de la communauté.
Cette évocation tout en permettant de souligner sommairement les finalités auxquelles aspirent les politiques éducatives en phase avec les temps modernes, représente un intérêt majeur et ce à plusieurs titres.
Ainsi, les composantes essentielles représentant le socle même de l’acte éducatif, devraient refléter les acquis de la révolution éducative moderne et permettre au Maroc d’affronter les défis de la compétitivité mondiale dans l’ensemble des domaines du savoir et des inventions.
En effet, qu’il s’agisse du pilotage de la réforme ou bien de la rénovation des contenus d’enseignement et des modes de transmission des connaissances et des valeurs sociales, les méthodes archaïques aussi bien que les discours appartenant à un âge révolu devraient être rejetés totalement, en vue de rendre possible un renouveau culturel créateur et une réforme éducative globale.
L’école dont a besoin le Maroc d’aujourd’hui, devrait contribuer à consolider l’esprit de la rationalité et s’ouvrir de la sorte sur les grandes mutations qui ne cessent de marquer la production des savoirs à l’échelle planétaire, comme elle devrait être le vecteur de transmission des valeurs civiques et éthiques qui cultivent l’idéal de la citoyenneté responsable et entretiennent le désir de contribuer au bien être commun.
Il semble que le temps soit venu afin de procéder à une critique radicale des discours et des démarches ayant entravé, dès l’aube de l’indépendance du pays, l’avènement d’un enseignement de qualité garantissant le droit de tous au savoir et contribuant à opérer les grandes transformations socio-économiques et culturelles, sans lesquelles le développement humain et matériel auquel aspire le Maroc demeurera un vœu pieux.
Rappelons nous les fameux quatre principes relatifs à la fois à la généralisation, à l’arabisation, à la marocanisation et à l’unification de l’enseignement qui furent considérées durant des décennies, comme étant les piliers sur lesquelles toute réforme éducative devrait être bâtie et consolidée.
Pourtant, au fil du temps, les politiques éducatives tout en réalisant des acquis incontestables, cela ne leur a pas épargné d’accumuler des ratages considérables.
Certes des voix se sont faites entendre pour rappeler des évidences incontournables et tirer l’attention sur les dérives de l’idéologisation de la question éducative et les dangers que représente l’instrumentalisation politicienne des aspirations de la nation et de la jeunesse marocaines à l’avènement d’un enseignement moderne ouvrant la voie vers un avenir meilleur.
On le sait maintenant et plus que jamais, la massification d’un enseignement sans qualité a représenté plutôt un handicap ayant entravé l’intégration des jeunes dans le tissu socio-économique du pays, le phénomène des diplômés chômeurs nous le rappelle à chaque instant. D’un autre côté la mise en œuvre de la politique d’arabisation s’est soldée par un constat unique au monde, du fait que l’enseignement des disciplines scientifiques se fait au rythme de deux langues imposant aux apprenants le passage, pédagogiquement insensé de la langue arabe au primaire et au secondaire à la langue française au supérieur.
Concernant la marocanisation des cadres, si elle était inéluctable eu égard la progression de la scolarisation, les conditions académiques et pédagogiques qui ont déterminé sa mise en œuvre ont contribué à la détérioration de l’encadrement éducatif et académique dans nos écoles et universités.
Enfin le slogan de l’unification est resté totalement décalée par rapport à la réalité de l’évolution de l’école marocaine et à l’extrême diversification des savoirs et des connaissances dans le monde moderne.
L’adoption de la Charte Nationale de L’Education et de la Formation avait suscité en son temps le consensus et focalisé l’espoir de tous, du fait même d’avoir énumérer les leviers de la réforme et préciser sommairement les moyens d’y parvenir. Paradoxalement, douze années après l’adoption de ce texte de référence ayant inspiré les politiques éducatives des gouvernements qui se sont succédés depuis plus d’une décennie, la résolution des grandes problématiques éducatives n’a pas pris le rythme qu’exige la situation du Maroc et l’évolution du monde.
D’autre part la mise en œuvre du plan d’urgence a été perçue comme relevant de l’ordre de la dernière chance qu’il fallait saisir aujourd’hui afin d’éviter le naufrage de l’espoir de voir surgir une école marocaine correspondant aux besoins de tous.
A cet égard, ni la volonté politique exprimée par la plus haute autorité de l’Etat, ni les moyens financiers n’ont fait défaut, et pourtant il semblerait que les dysfonctionnements qui ont entaché l’élaboration du plan d’urgence et la mise en œuvre de l’ensemble des projets qui y figurent semblent prendre une telle ampleur, qu’il est de l’ordre de l’impératif de s’interroger sur les risques de l’échec de cette tentative de réforme.
Au-delà de ce constat il s’avère de l’ordre de l’impératif de formuler dans un premier temps un questionnement de base qui vise à déterminer les causes profondes, n’ayant pas favorisé l’émergence d’un enseignement de qualité et un système de formation correspondant aux exigences du développement socio-économique et culturel qui correspond à l’ère du temps.
Un tel questionnement revêt en effet une importance particulière du fait même qu’il se porte sur la dimension historique et culturelle ayant déterminé le statut de la production et de la transmission du savoir au sein de la société marocaine de par le passé, autant qu’il renseigne sur les blocages sociaux et politiques entravant au présent l’avènement des conditions propices au renouveau culturel et à l’émancipation sociale.
Signalons au passage que la transmission des savoirs et des savoirs faire, ont représenté depuis l’aube de l’histoire le fondement même sur lequel reposent les différentes expressions culturelles, de la sorte si les cultures humaines, dans leur diversité extraordinaire, se sont assignées comme tâche primordiale la transmission de l’héritage culturel et la sauvegarde du patrimoine civilisationnel, elles se sont distinguées aussi, les unes par rapport aux autres par leur capacité d’articuler la tradition au renouveau. L’expérience historique, témoigne de l’extrême importance que revêt cette articulation ayant permis à des sociétés de se renouveler dans un élan créateur, alors que d’autres ont sombré dans une léthargie millénaire.
On a beau répertorié les facteurs ayant causé le déclin des civilisations qui se sont distinguées pourtant par leur rayonnement durant des siècles, il n’en demeure pas moins, que l’un de ces facteurs se rapporte nécessairement à la perte de la maitrise des savoirs et des techniques et à l’essoufflement de la flamme de la culture et des arts.
On le sait, chaque fois que la raison s’épuise et la créativité s’étouffe, les ténèbres de l’ignorance couvrent le ciel de l’esprit et libèrent tous les démons qui s’acharnent à anéantir le génie humain.
On ne le répétera jamais assez, parmi les défis majeurs auxquels le Maroc est confronté, celui se rapportant à l’édification d’une école de qualité et une université en phase avec l’évolution des connaissances de notre temps, demeure un défit duquel dépendra en grande partie la réussite de l’entreprise qui œuvre, afin d’assurer un développement humain viable, et une mise à niveau des secteurs socio-économiques et culturels.
Les politiques éducatives mises en œuvre depuis l’avènement de l’indépendance, ont souvent été évaluées relativement aux performances et aux échecs qu’elles ont accumulés au fil des années. Pourtant le principe de base, se rapportant à la nature du modèle éducatif approprié, n’a pas toujours été mis en exergue afin d’orienter cette évaluation.
Au delà de l’élaboration des référentiels censés préciser les constances devant inspirer les politiques éducatives, nous sommes en droit de nous interroger sur la nature de la philosophie éducative supposée inspirer les grandes finalités du système de l’éducation et de la formation au Maroc.
Une interrogation pareille ne relève pas uniquement de l’ordre de l’investigation intellectuelle qui vise à appréhender la pratique éducative d’un point de vue historique et culturel, du fait même que cette interrogation permet d’inscrire la question éducative au sein du registre des impératifs relatifs au projet de société auquel aspire le Maroc d’aujourd’hui.
D’autre part, les grandes traditions culturelles qui ont exercé une influence certaine sur le Maroc, se sont distinguées au fil des âges par l’élaboration des modèles considérés selon une étape historique donnée comme étant des modèles de transmission du savoir et de la culture qui représentent à la fois le répertoire des connaissances fondamentales devant être acquises et l’inventaire des savoirs faire censés être maitrisés.
A cet égard, les deux grandes traditions culturelles du basin méditerranéen, à savoir la tradition judéo-chrétienne et la tradition arabo-musulmane, ont été marquées par une évolution qui a mis en interférence des conceptions éducatives s’inspirant d’un côté du modèle humaniste et de la pensée des lumières, et d’un autre côté du raffinement littéraire et de la maitrise des disciplines touchant aux langues et des arts relatifs au pouvoir du nombre comme l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique.
A cette longue tradition s’ajoute la diversité culturelle ayant façonné l’être marocain au fil des siècles au sein d’une mosaïque qui a mis en harmonie des composantes culturelles aussi diverses que millénaires.
Dès lors l’élaboration d’une philosophie éducative susceptible de forger le socle fondamental devant inspirer l’école de demain, autant elle demeure tributaire de l’assimilation créatrice d’un héritage culturel pluri-civilisationnel, elle devrait aussi se mettre en phase avec l’esprit des temps modernes caractérisés par la prédominance de la rationalité, l’essor fantastique de la pensée scientifique et l’émergence de la société du savoir et de la connaissance.
Partant de ce postulat, il s’avère nécessaire d’appréhender l’ensemble des facteurs ayant déterminé d’un côté l’évolution des systèmes traditionnels de transmission des savoirs dans la société marocaine et d’un autre côté l’émergence de l’institution scolaire moderne durant l’ère coloniale.
Cette appréhension vise d’emblée à saisir les modes de passage opérés au sein de l’institution éducative, des modes traditionnels aux modes supposés être modernes, de la sorte on ne peut traiter de la genèse de l’école au temps du protectorat sans nous interroger concernant le référentiel ayant fondé l’école française elle-même.
En effet, autant la cohabitation des deux systèmes de transmission de savoir traditionnel et moderne a influencé largement la reproduction symbolique, culturelle et sociale d’une façon paradoxale ; autant elle soulève la question relative à la pertinence du modèle de l’école française comparativement à d’autres modèles similaires ou autres.
La dimension culturelle renvoie d’autre part aux préalables censés déterminer les grandes orientations éducatives, parmi lesquelles celles relatives aux langues de l’enseignement et de l’apprentissage demeurent déterminantes, et ce en rapport avec la pluralité linguistique caractérisant l’identité culturelle marocaine, qui se distingue à la fois par sa diversité et son ouverture sur d’autres horizons culturels.
Ainsi, l’élaboration des différents types d’enseignement, tout en étant à la fois le vecteur de transmission des connaissances et des compétences universellement établies, devrait aussi exprimer et mobiliser la richesse de notre imaginaire collectif dans sa singularité plurielle. De la sorte le modèle éducatif auquel toute société aspire ne peut nullement se fonder sur les fantasmes du repli identitaire ni sur ceux appelant au déracinement total.
Dans cette perspective le questionnement actualisé se portant sur les ratages de la réforme du système éducatif marocain devrait prendre en considération l’ensemble des éléments que nous avons relatés à titre exhaustif, tout en essayant d’appréhender la philosophie sous- jacente à la Charte de L’éducation et de la Formation, et d’autre part de s’interroger d’une façon concrète sur l’articulation des mesures préconisées par le plan d’urgence avec les grands objectifs de la réforme et la pertinence du dispositif de mise en œuvre des projets englobant les différents domaines du champ éducatif.
Dès lors que le Maroc s’est doté depuis plus d’une décennie de la charte censée orienter la marche de la réforme et que les politiques éducatives mises en œuvre peinent sans grand succès à enregistrer un grand pas en avant dans l’entreprise de la réforme, nous sommes en droit de nous interroger concernant l’élaboration et la mise en œuvre du plan d’urgence ayant été considéré comme étant la tentative de réforme de la dernière chance.
En effet plus de trois années après l’adoption et la mise en œuvre du plan d’urgence pour redonner un nouveau souffle pour la réforme du système éducatif, l’heure désormais de l’évaluation du bilan des réalisations s’impose tout autant que la pertinence du cadre référentiel incarné par la charte, devrait du moins en terme philosophique, faire l’objet d’une approche critique qui ne viserait nullement à ressusciter un débat, qui malheureusement au fil des années s’est focalisé autour des leviers préconisés par la Charte ayant été considérés comme étant les fondements sur lesquels les politiques de la réforme éducative devraient se bâtir en vue de refonder l’école marocaine.
Néanmoins signalons au passage que le texte de la Charte s’est fixé un double objectif visant d’un côté à déterminer les orientations de base aussi bien que les mesures d’application concrète de la réforme d’autre part. Cette articulation si elle avait permis de tracer la feuille de route devant inspirer la politique publique en matière éducative, n’a pas favorisé l’émergence d’une profonde réflexion autour des grandes finalités de l’acte éducatif relativement au projet de société auquel aspire le Maroc.
Certes la charte a étayé les constances devant reproduire les valeurs sociales de référence tout en faisant allusion au projet de société démocratique et moderniste considéré comme incarnant la finalité pour laquelle l’école devrait œuvrer afin de propulser la société marocaine vers l’horizon de la modernisation des structures socio-économiques et l’avènement du progrès culturel imprégné des acquis de la modernité dans tous les domaines du savoir. Mais il n’en demeure pas moins que cette évocation s’est formulée en terme de bonnes intentions plutôt qu’en terme d’impératifs historiques desquels le devenir du Maroc est tributaire.
Cet état de fait a contribué à entretenir l’amalgame hissant les valeurs sociales de référence faisant objet de consensus, au niveau de philosophie éducative qui pourtant demeure globalement impensée et rarement évoquée au moment de l’élaboration des politiques éducatives et des plans de réforme.
Disons le encore une fois au risque de relater les évidences, l’étape historique que traverse le Maroc impose une refonte des schèmes philosophiques et culturels de référence devant réorienter l’entreprise de la réforme éducative afin que l’institution scolaire puisse contribuer pleinement au changement social et au renouveau culturel.
Dès lors que le devenir des temps actuels s’imprègne d’avantage de l’esprit de la modernité et se distingue par l’aspiration universelle des peuples à se gouverner par eux-mêmes, le rôle de l’école et de l’éducation dans l’accélération des processus de la modernisation et de la démocratisation s’avère d’emblée comme étant à la fois le vecteur du changement et la marque du renouveau global.
De la sorte, la philosophie sous-jacente devant permettre l’aboutissement de l’ensemble de ces processus devrait nécessairement refléter à la fois les acquis des lumières européennes, s’inspirer du raffinement littéraire et de l’humanisme arabes et islamiques, tout en intégrant les composantes fondamentales du patrimoine culturel et linguistique national au sein des stratégies d’apprentissage, articulant de la sorte dans une dialectique créative le particulier à l’universel.
A cet égard l’élaboration et la mise en œuvre du plan d’urgence pour redonner un nouveau souffle à la réforme éducative s’avèrent d’une importance cruciale et ne devraient nullement s’inscrire dans l’ordre du conjoncturel.
Prenant acte des dispositions du plan d’urgence, la question qui se pose avec acuité ne relève guère de la pertinence de l’ensemble des mesures préconisées en vue d’accélérer le processus de la réforme, mais plutôt de la démarche qui a été retenue sur le double plan de la méthodologie de la conception et la démarche de la mise en œuvre des projets préconisés.
Ainsi force est de constater que les finalités ayant été retenues relativement aux quatre espaces se rapportant à la généralisation de l’enseignement, la promotion de l’excellence au sein des établissements éducatifs et la résolution des problématiques transversales du système de l’éducation et de la formation, ne soulèvent guère nulle objection. Pourtant et on le sait bien, la difficulté à laquelle se heurte l’entreprise de la réforme est d’une complexité structurelle et ne peut hélas se résoudre par le biais d’une compilation, visant une formalisation des objectifs et s’appuyant sur un esprit d’ingénierie formellement pertinent mais concrètement in-opérationnel.
Quels ont été les préalables qui ont fait défaut au moment de l’élaboration du plan d’urgence, quels dysfonctionnements ont-ils entaché la démarche de l’expertise sollicitée par le Ministère de l’Education Nationale et de L’enseignement Supérieur, de la Formation des cadres et de La recherche scientifique, et en fin de compte quelles sont les mesures devant être prises afin de remédier aux blocages qui mettent en péril l’initiative et l’esprit même de la réforme ?
Prenant acte de l’ensemble de ces interrogations, aussi bien que du bilan de la première année de la mise en œuvre du plan d’urgence, nous sommes appelés à relater les mesures devant être prises afin de sauvegarder l’esprit même de la réforme et de susciter la mobilisation des acteurs éducatifs et sociaux dans une action solidaire en faveur de l’école.
Rappelons à cet égard un fait ayant marqué l’élaboration de la Charte Nationale de L’éducation et de la Formation qui a été confiée à une commission reflétant de par sa composition les différentes sensibilités politiques , et comportant des personnalités représentant aussi bien le milieu universitaire que celui de l’entreprise et les différents leaders d’opinion. La Commission Spéciale de L’éducation et de la Formation comme elle fut dénommée à l’époque si elle avait réussi, sous l’égide du regretté Mohamed Abdelaziz Meziane Belfkih, le pari d’élaborer la charte ayant bénéficiée du soutien des pouvoirs publics et favorisé l’esprit du consensus autour des grandes finalités de la réforme éducative, cet atout n’avait pas été soutenu et relayé par une mobilisation agissante des acteurs éducatifs ni traduit d’une façon concrète par l’adaptation des dispositions de la charte aux spécificités des établissements scolaires et universitaires permettant de la sorte une prise en charge des problèmes éducatifs par la communauté sociale à l’échelle nationale et régionale.
Plus de dix années après et faisant fi de l’adage qui stipule que ceux qui ne tirent pas des leçons de l’histoire sont condamnés à la répéter, la démarche ayant été adoptée pour l’élaboration du plan d’urgence ne s’est pas hissée au niveau de la volonté politique exprimée par les plus hautes autorités de l’état en faveur d’une refonte totale du système éducatif qui nécessite une mobilisation totale et une adhésion sans faille du moins de la part des acteurs éducatifs qui sont censés mener la réforme au jour le jour.
En effet le département concerné ayant adopté une démarche dirigiste dopée d’une expertise technique s’est doublement trompé en ne prenant guère en considération une donnée de base relative à la nature même de l’acte éducatif. Un tel acte s’identifie intrinsèquement à la transmission des savoirs et des savoirs faire et présuppose l’initiation et l’implication des éducateurs dans l’élaboration des stratégies visant l’amélioration de la qualité de l’enseignement. D’autre part en privilégiant la démarche de compilation des projets formellement cohérents mais concrètement inopérants en matière de conception du plan d’urgence, le département de L’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur avait favorisé de la sorte la mise en retraite de la communauté éducative par rapport à l’élaboration d’une alternative pour laquelle elle devrait être agissante munie du sens de responsabilité et d’engagement.
On peut certes affirmer qu’une fois les dispositions du plan d’urgence ont été retenues, le Ministère de tutelle a déployé un plan de communication afin d’informer et de sensibiliser les différents corps de l’enseignement relativement aux objectifs de la réforme et solliciter par la même occasion leur adhésion en faveur des finalités du plan d’urgence. A l’encontre d’une telle affirmation nous sommes en mesure de relater deux faits fondamentaux, qui révèlent à la fois l’inefficacité politique et l’inefficience technique du mode d’emploi ayant orienté l’élaboration du plan d’urgence, et qui risquent de freiner d’avantage le train de la réforme.
En terme politique l’évocation de la part des uns et des autres d’une éventuelle résistance à la réforme en s’abstenant en même temps de désigner la nature de cette résistance et ceux qui la mènent sciemment, relève ou bien de la mauvaise fois, sinon du réflexe qui se contente de ne voir que l’arbre qui cache la forêt. Disons le sans ambages, la noblesse de la cause éducative et l’acuité des enjeux du redressement de l’école et de l’université marocaines devraient prohiber l’instrumentalisation politicienne de toute action de réforme qui ne devrait être appréciée et jugée que relativement aux résultats concrets auxquels elle aboutit et aux échecs qu’elle n’a pas pu éviter.
La démarche dirigiste qui a été privilégiée au moment de l’élaboration du plan d’urgence au détriment d’une implication agissante de l’ensemble des acteurs éducatifs, s’est répercutée inéluctablement au niveau de l’expertise technique sollicitée par le département de L’éducation Nationale. A cet égard le bureau d’étude qui fut le maître d’œuvre ayant mené l’opération de la finalisation de l’ensemble des projets, s’est contenté de récolter l’information auprès des responsables de l’administration centrale - qui a fait par ailleurs preuve d’une disponibilité irréprochable - dans le cadre d’une démarche privilégiant la réactivité immédiate au détriment de la concertation réfléchie. Laquelle concertation aurait permis du moins de mobiliser l’expertise accumulée au fil des années, d’exploiter les données des différentes études réalisées de par le passé et surtout de faire précéder la conception des projets par des recherches - actions au niveau de l’ensemble des cycles de l’enseignement dans le cadre d’une approche transversale favorisant l’implication de tous les corps éducatifs et assurant leur adhésion à l’entreprise de la réforme.
Dès lors que nul ne peut se contenter du bilan de la mise en œuvre du plan d’urgence, le redressement de la situation impose d’une part un changement radical en matière de pilotage de la réforme et d’autre part la mise en place d’un dispositif susceptible d’amorcer la mobilisation de la communauté éducative et redonner l’espoir à l’ensemble de la société de voir surgir l’école de qualité à laquelle le Maroc d’aujourd’hui aspire.
L’alternative devant permettre de dépasser les retards accumulés en matière de réforme est à porté de main, une fois la volonté politique exprimée solennellement à maintes reprises serait intelligemment traduite en action concertée et réfléchie.
Une affirmation pareille ne devrait nullement être entendue comme une assertion définitive et ce pour la simple raison, qui fait qu’on ne peut dissocier la question éducative de la problématique culturelle sans courir le risque de consacrer l’approche techniciste qui au fil des années avait prévalu, sans pour cela qu’elle ait pu concourir à l’avènement de la réforme du système éducatif marocain. D’autre part, il serait hasardeux de spéculer sur un éventuel pilotage du redressement de l’école de l’université marocaines, séparément des modalités de l’exercice du pouvoir et de la gouvernance au Maroc.
Ainsi, les orientations éducatives préfigurent les mutations sociales, culturelles et économiques auxquelles la société aspire. De la sorte les orientations de cette nature sont en mesure de véhiculer le changement autant elles risquent de freiner le processus de transformation sociale quand elles ne sont plus en phase avec l’esprit des temps présents et décalées par rapport aux exigences de l’avenir. De même la mise en œuvre de la réforme demeure largement tributaire à la fois de la démarche ayant inspiré la conception des finalités à atteindre et de l’implication de l’ensemble des acteurs censés mener cette réforme au jour le jour.
Malheureusement l’échéance qui a été fixée pour l’aboutissement de la réforme est désormais aussi proche que ne le sont les objectifs pour lesquelles le plan d’urgence fut déployé afin de réhabiliter l’école et redresser l’université marocaines. Le département de tutelle en ayant favorisé une démarche ne permettant guère de s’attaquer aux problèmes structurels qui handicapent le système éducatif marocain avait opté pour des demi- mesures qui se sont gardées de susciter une mise en cause radicale des dysfonctionnements majeurs dont souffre l’école et l’université.
De la sorte la refonte des curricula et des programmes scolaires fut abandonné au profit de l’introduction de la pédagogie d’intégration aux cycles primaire et collégial. Or au-delà du fait que cette approche avait fait preuve de ses limites au sein des systèmes éducatifs qui l’avaient adoptées de par le passé en Algérie et en Tunisie et qu’elle ne soit introduite dans aucun système éducatif européen, le département de l’Education Nationale a opté pour la généralisation de cette démarche sans procéder conformément aux règles d’usage en la matière.
Ainsi au lieu de procéder par le biais d’expérimentation permettant d’évaluer d’une façon concrète les retombées de la dite démarche sur l’amélioration des apprentissages et des méthodes d’enseignement, on s’est précipité de généraliser un protocole de recettes qui à terme ne présente aucune garantie de résultat et ce malgré le considérable investissement humain et matériel consenti.
D’un autre côté une année et plus après la mise en œuvre du plan d’urgence la promotion de l’excellence au lycée et à l’université tarde à se concrétiser faute d’une action audacieuse permettant de traduire les projets destinés à la résolution des problématiques transversales du système éducatif en mesures efficientes et réalisables. Ainsi l’école de réussite tant clamée ne se profile guère à l’horizon et ce malgré les moyens considérables mis à la disposition du département en charge de l’éducation, comparativement aux budgets ayant été alloués à ce secteur de par le passé.
Ce constat fut rappelé encore une fois à l’occasion du dernier rapport de l’UNESCO consacré aux déficiences du système éducatif marocain et qui se rapportent sommairement à la persistance de l’analphabétisme, l’énorme taux de déperdition scolaire en milieu rural et surtout à la faible rentabilité interne et externe du système de l’éducation et de la formation.
Face à cette situation qui ne peut hélas perdurer sans compromettre l’aboutissement des grands chantiers de la réforme touchant l’ensemble des secteurs socio-économiques, force est de constater qu’une nouvelle politique éducative s’impose avec acuité. Désormais le pilotage du redressement du secteur de l’éducation ne peut s’inspirer des formes de gouvernance ayant prévalu jusqu’à maintenant, comme il ne peut se faire en l’absence d’une implication effective des acteurs éducatifs et une prise en charge concrète des problèmes de l’école par l’ensemble de la communauté sociale.
Les impératifs de la réforme qui s’inscrivent dans l’ordre de l’urgence ne furent que relatés depuis plus d’une décennie et pourtant au lieu de s’attaquer aux handicaps structurels qui freinent l’avènement d’une école de qualité les plans d’action préconisés dans le cadre du plan d’urgence ne font que reproduire des tentatives de réforme qui ont fait preuve de leur inefficacité de par le passé comme au présent.
En ce moment où le Maroc opère un saut qualitatif vers une société contractuelle et solidaire, l’école devrait figurer au cœur du nouveau contrat social au sein duquel les droits aussi bien que les devoirs vont de pair afin que le vivre en commun s’imprègne des valeurs citoyennes engagées et de la conscience du destin commun. L’école publique demeure certes le moyen le plus noble qui bâtit le socle sur lequel les nations érigent leur identité propre et par le biais duquel elles expriment leur génie, mais il n’en demeure pas mois que seules les nations ayant consenti des sacrifices énormes au bénéfice du savoir et de l’éducation de par le passé, se voient aujourd’hui récompensées et gratifiées en occupant une place privilégiée dans un monde où la connaissance et le savoir incarnent la marque-même des temps modernes.
A cet égard l’école publique que le Maroc est appelé à refonder devrait se démarquer du modèle s’inspirant sous d’autres cieux, de l’esprit de l’Etat jacobin centralisateur ne reconnaissant guère ni diversité culturelle ni particularisme régional. La tradition marocaine séculaire qui s’est distinguée par la prise en charge de l’institution éducative par les différentes communautés devrait se faire réhabiliter en faveur d’un engagement social solidaire au bénéfice de l’école.
Rappelons d’un autre côté que la réforme de l’école d’aujourd’hui si elle présuppose un renouveau culturel global, elle nécessite inéluctablement la prise en compte d’une donnée de base se rapportant à l’avènement de la société du savoir qui nécessite une maitrise sans faille des connaissances de la part des éducateurs et la qualification académique universellement admise de l’ensemble du corps enseignant. A cet effet la mise en œuvre d’un vaste plan de formation continue et de mise à niveau académique au bénéfice de la communauté éducative ne peut désormais se limiter aux formations cultivant le pédagogisme ignorant et privilégiant l’application aveugle des recettes qui occultent la maitrise du savoir au profit des pseudo savoir-faire qui depuis les années quatre vingt furent hissés au niveau de flambeaux n’ayant pas contribué nullement à faire reculer les ténèbres de l’ignorance.
Engagement citoyen de la communauté sociale en faveur de l’école et maitrise des savoirs de la part de la communauté éducative représentent le prélude incontournable au vaste programme de la réforme de l’ensemble des composantes du système de l’éducation et de la formation. La maitrise des langues devrait désormais figurer parmi les priorités de ce programme et ce par le biais d’une nouvelle approche reconsidérant la question linguistique dans sa globalité.
A cet égard l’enseignement des langues est appelé à s’adapter aux contextes sociolinguistiques au sein desquels les apprenants évoluent permettant de la sorte d’opérer un passage des langues maternelles aux langues d’apprentissage des savoirs fondamentaux. La prise en compte de l’origine sociale des apprenants et de leurs héritages culturels permet à cet effet de remédier aux inégalités initiales en matière de savoir et de savoir-faire et d’atténuer de la sorte l’abandon de l’école et l’échec scolaire.
A l’heure où la revalorisation de l’ensemble des patrimoines culturels est à l’ordre du jour, la politique éducative en matière d’enseignement des langues ne devrait plus se cantonner dans une démarche ne prenant guère en considération les pratiques sociales en matière de communication et les grandes avancées enregistrées en matière de recherche scientifique et cognitive relativement à l’apprentissage et l’enseignement des langues. L’approche purement techniciste et le traitement de la question linguistique au Maroc ayant fait preuve de leur faillite, il va falloir trancher en faveur d’une approche qui met la question de l’enseignement des langues au cœur-même de la réforme éducative.
La langue comme il est dit de coutume est la demeure de l’être et le moyen privilégié par le biais duquel la pensée se forme et s’exprime et à travers lequel la parole humaine enchante le monde, ainsi l’acte éducatif ne peut accéder à sa vocation première qu’en étant en mesure de transmettre cette belle invention qui résume la beauté de la culture et l’ingéniosité de l’art humain.

N-B : l’intégralité de cet essai a été publiée au dernier numéro double de la publication «Al Azmina Al Hadita». Octobre, 2011.

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Par Abdallah Belghiti Alaoui,
Rédacteur en chef de la revue philosophique «Al Azmina AlHadita».
La Réforme du Système de l’Education et de la Formation : Bilan et perspectives Par2_2601/5/2012

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