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Législatives du 25 novembre Trois favoris, d’immenses défis
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Législatives du 25 novembre Trois favoris, d’immenses défis
Parmi les plus de 30 partis en lice lors des élections législatives de ce vendredi 25 novembre, au moins trois formations politiques sont à même de remporter le plus grand nombre de sièges à la Chambre des représentants, et de pouvoir ainsi diriger le futur gouvernement qui sera issu de ces échéances. Toutefois, quel que soit le parti qui formera le prochain exécutif, les défis seront les mêmes. Et ils sont nombreux !
Une victoire du PJD vendredi prochain? “Ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres. Les élections se jouent dans un mouchoir de poche. (…) Normalement, aucun (parti parmi les favoris) ne devrait dépasser 20% des suffrages”, analyse le politologue Mohamed Tozy dans la dernière livraison de Jeune Afrique de cette semaine. Voilà qui pose la question des favoris lors des élections législatives de ce vendredi 25 novembre, troisième scrutin du genre sous l’ère Mohammed VI.
Au moins trois formations politiques sont au coude à coude. Il s’agit du Parti Justice et Développement (PJD), de l’Istiqlal et du Rassemblement national des indépendants (RNI).
PJD, les raisons d’y croire
“A ceux qui pensent que nous sommes favoris, je réponds : effectivement, vous avez tout à fait raison.”
Favori, le mot est lâché par le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane. Et le parti de la lampe n’assume pas seulement le statut de favori, il est également prêt à assumer les charges qui vont avec, en cas de victoire, notamment la responsabilité de diriger le futur gouvernement.
“C'est toujours difficile d'assumer une responsabilité gouvernementale, mais on va essayer. Le prophète a dit: celui qui assume une responsabilité sera fatalement aidé”, déclare Abdelilah Benkirane dont les propos ont été rapportés par l’Agence-France-Presse (AFP).
Grisé par l’exemple d’Ennahda en Tunisie, le PJD a en effet quelques raisons de croire que son heure est peut-être arrivée, lui qui n’a jamais encore participé à un gouvernement.
L’une de ces raisons tient au fait que depuis sa création en 1996, il n’a pas cessé de monter en grade: de 8 sièges de députés obtenus lors de sa première participation aux législatives en 1997, il passe à 42 sièges en 2002, pour devenir aujourd’hui la deuxième force politique au sein du Parlement, après avoir obtenu 47 sièges à l’issue des législatives de 2007.
Istiqlal, le vieux de la vieille
Arrivé en tête des dernières législatives, le parti du Premier ministre Abbas El Fassi, qui dirige depuis octobre 2007 une coalition gouvernementale, représente actuellement la première force politique au Parlement - avec 52 députés -, juste devant le PJD.
Alors que le PJD n’a même pas encore 20 ans d’existence, le parti de l’Istiqlal existe lui depuis 1944, soit avant l’indépendance du Maroc. Cette ancienneté lui a permis d’être l’une des formations politiques les mieux implantées sur le territorial national, ce qui représente forcément un atout.
Le parti nationaliste fait donc partie des grands favoris de ce scrutin. Il reste à savoir si son bilan au cours de cette dernière législature, que beaucoup jugent mitigé, lui sera utile ou pas.
RNI, les rêves de Mezouar
Remporter les prochaines législatives pour pouvoir éventuellement devenir le futur chef du gouvernement, le président du RNI, Salaheddine Mezouar en rêve, et il ne s’en cache pas du tout. Fort de 38 députés, le parti de la colombe est lui aussi bien implanté dans le pays, et compte dans ses rangs des notables et des technocrates. Avec le PAM, il est le principal instigateur du fameux G8, une coalition hybride de huit partis récemment constituée.
Et le bilan de Mezouar à la tête du ministère des Finances dans le gouvernement El Fassi, peut bien lui servir d’argument. En effet, dans un contexte international marqué par une crise aiguë, le Maroc reste l'un des rares pays arabes (hors pays exportateurs de pétrole) à tirer son épingle du jeu avec une croissance attendue de 4,6% pour 2011, selon le FMI.
Les outsiders
Outre le PJD, l’Istiqlal et le RNI, d’autres formations peuvent bien réaliser des scores honorables à ces élections. Il s’agit notamment du Parti authenticité et modernité (PAM), de l’USFP, du PPS ou encore du Mouvement populaire de Mohand Laenser.
Toutefois, le PAM, pourtant vainqueur des élections locales de 2009, semble avoir perdu aujourd'hui de sa superbe. Le “printemps arabe”, dont l’écho a résonné jusqu’au Maroc à travers les manifestations de rue déclenchées par le “Mouvement du 20 Février”, est passé par là.
En effet, le PAM a régulièrement été conspué lors des différentes marches de protestation par les manifestants, qui réprouvent la proximité de son géniteur, Fouad Ali El Himma, avec le palais. Résultat: ce dernier a décidé de ne pas briguer de mandat de député. Ce qui pose la question de savoir si cette formation politique née en 2008 saura se débrouiller toute seule sans El Himma…
Autre formation affaiblie - pour d’autres raisons cette fois -, c’est l’USFP. Alors qu’elle devrait naturellement figurer parmi les partis favoris vu notamment son passé, la formation dirigée par Abdelouahed Radi n’est pas au mieux: de 50 députés en 2002, elle est passée à 38 actuellement.
Des défis colossaux
Cependant, quel que soit le parti politique qui sortira vainqueur de ces élections, il n’aura même pas le temps de fêter sa victoire comme il se doit, tellement les défis qui l’attendent sont colossaux! Ces défis sont essentiellement d’ordres socio-économiques.
Certes, tous les partis ont promis dans leurs programmes électoraux des lendemains qui chantent, mais une fois confrontés à la réalité, ils vont devoir réviser leurs prévisions. Car, même si le Maroc est parvenu jusqu’ici à tirer son épingle du jeu malgré une conjoncture internationale difficile, il n’en demeure pas moins que la problématique sociale dans notre pays, liée aux contrecoups de la crise financière internationale, se pose aujourd’hui avec acuité.
31,4%
31,4% des moins de 34 ans étaient sans travail l'an dernier.Tandis que les finances de l'Etat ploient sous l'effet notamment des dépenses sociales dues à la hausse de la masse salariale de la fonction publique, et à la politique de soutien de certains produits. Le déficit budgétaire et le déficit commercial se sont creusés, le premier devant atteindre 6% du PIB en 2011 contre 4% prévus, tandis que le second a pour la première fois dépassé les 100 milliards de dirhams, souligne l’Agence France-Presse.
Réduire notamment les aspérités sociales, voilà donc un gros pari. Loin d’être gagné, au regard notamment du fait que le principal partenaire économique du Maroc, l’Europe, fait partie de cette partie du globe qui ne va pas bien actuellement…
Bassirou BA
Dernière mise à jour : 22/11/2011 à 09:36
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