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Tribune. La Gauche ne doit pas gouverner avec le PJD

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default Tribune. La Gauche ne doit pas gouverner avec le PJD

Message par Admin le Ven 16 Déc - 20:27



Ex-ministre ayant subi la foudre des islamistes contre son plan d’intégration de la femme, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme - formation qui risque de faire partie de la future majorité gouvernementale-, Mohamed Saïd Saâdi lance un appel à la gauche marocaine afin de récuser l’offre du PJD et de renouer avec ses fondamentaux.

Tribune. La Gauche ne doit pas gouverner avec le PJD Image_22
Le projet de société défendu par le PJD est trés différent de celui de la gauche, par son néolibéralisme économique et son conservatisme sociétal. (AFP)

La nette victoire des islamistes du Parti de la justice et du développement aux élections législatives de novembre dernier interpelle
le citoyen, le politique et l’observateur à plus d’un titre. D’abord pour expliquer l’ampleur de la poussée islamiste. De ce point de vue, plusieurs facteurs semblent avoir joué. Citons-en les plus importants : un bilan en demi-teinte de la majorité sortante dont la composante de gauche a payé le lourd prix en termes de poids électoral absolu et relatif (la gauche parlementaire est passée de 70 députés sur 325 en 2007 à 63 sur 395 en 2011). Un important taux d’abstentionnisme qui a profité à l’électorat islamiste, plus discipliné et capable d’une plus grande mobilisation lors des rendez-vous électoraux. Sans oublier les “dividendes” du Printemps arabe qui ont pris la forme d’une vague verte envahissant plusieurs pays arabes (Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, Yémen, etc.).
Ensuite, pour entrevoir les coalitions de gouvernement pouvant être formées pour diriger le pays durant les prochaines années. A ce niveau, les scénarios semblent se multiplier au point d’effacer les clivages politiques et les distanciations idéologiques, chacun y ajoutant sa petite “recette” : PJD et Koutla démocratique ; PJD+Koutla+Mouvement Populaire ; PJD+Istiqlal+MP+Union Constitutionnelle ; PJD+Istiqlal+UC+MP+PPS…
Enfin, la question du programme gouvernemental, surtout dans sa dimension économique et sociale, se pose avec insistance, étant donné l’ampleur des défis à relever dans un contexte de crise profonde du capitalisme néolibéral et de montée des mouvements sociaux en faveur de la justice sociale, la dignité humaine, la lutte contre les situations de rente et la démocratie.

Déclinons l’offre de Benkirane…
Dans ce contexte complexe et incertain, la gauche marocaine est appelée à se positionner et à se remettre en cause. Doit-elle accepter de faire partie d’un gouvernement dirigé par le PJD au nom de la realpolitik et de la nécessité de mettre en œuvre une “nouvelle génération de réformes”, dont les lois organiques devraient donner forme à la nouvelle Constitution ? Ou bien est-il dans l’intérêt du pays qu’elle tire les enseignements de son recul électoral et qu’elle rejoigne les rangs de l’opposition citoyenne et constructive ? A notre humble avis, la gauche parlementaire devrait décliner l’offre que lui a faite le PJD de rejoindre le gouvernement en formation, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, les projets de société défendus par les deux parties sont antinomiques. Les islamistes du PJD sont néolibéraux sur le plan économique et conservateurs du point de vue des valeurs.
Prônant le libéralisme économique comme solution aux problèmes du Maroc, le PJD considère que le secteur privé doit être le moteur devant propulser le dynamisme de l’économie vers des niveaux de croissance de 7% par an, niveaux jamais atteints jusqu’à présent par le Maroc ! Pour ce faire, il se propose de baisser l’Impôt sur les sociétés à 25% et de promouvoir la “bonne gouvernance” -version “Banque Mondiale”-, c’est-à-dire une gouvernance dominée par le souci de promouvoir l’initiative privée nationale et étrangère dans le strict respect des canons néolibéraux qui se résument dans le triptyque “libéralisation de l’économie, privatisation et austérité budgétaire”. Or, est-il besoin de rappeler que ce modèle n’a pas réussi à impulser la croissance économique-sans parler du développement-dans les pays où il a été appliqué. D’ailleurs, le programme économique du PJD ressemble plus à un mélange de promesses faites au patronat, aux salariés (SMIG à 3000 DH), aux acteurs de l’économie sociale, etc. qu’à un ensemble cohérent de propositions et mesures chiffrées et échelonnées dans le temps, avec des sources de financement bien identifiées.
Sur le plan du référentiel et des valeurs, il y a beaucoup à craindre pour les libertés individuelles et l’égalité des sexes. Tout le monde a encore à l’esprit l’opposition farouche des islamistes au “Plan national pour l’intégration de la femme au développement” ou la bataille menée à l’intérieur de l’enceinte parlementaire contre le microcrédit. Ou encore la levée de boucliers contre le retrait par le Maroc des réserves contre la Convention pour l’élimination des toutes les formes de discrimination contre les femmes (CEDAW), les campagnes contre les festivals et l’annonce récente faite par les principaux dirigeants du PJD d’interdire la mixité sur les plages ou de cesser d’accorder des licences d’alcool aux établissements touristiques et commerciaux.

Retour aux fondamentaux
Face à ces risques de dérive moralisateurs et à la volonté de promouvoir des solutions économiques néolibérales aux limites avérées, la gauche marocaine serait bien inspirée de retrouver ses fondamentaux, à savoir les valeurs d’égalité, de liberté, de justice sociale et de tolérance qui forment l’essence de la modernité et de la démocratie. Elle devrait les décliner sous forme de programme alternatif basé sur la démocratie participative, un Etat “développementiste” s’inspirant de l’expérience asiatique, la réhabilitation du marché intérieur et de l’intégration Sud-Sud, la priorité à donner aux secteurs productifs que sont l’industrie et l’agriculture pour satisfaire les besoins intérieurs et les marchés étrangers, la mobilisation des ressources intérieures, la promotion de l’économie sociale et solidaire, et plus d’égalité entre les femmes et les hommes .
Elle devrait également assainir ses rangs en éliminant tous les opportunistes et les faux notables à la recherche de respectabilité et d’intérêts bassement matériels. Assumant son rôle de force d’opposition responsable et percutante au sein des institutions élues, elle devrait en même temps retrouver sa vocation militante en s’impliquant dans les mouvements sociaux et en privilégiant le travail de proximité avec le citoyen qui avait constitué sa force durant les fameuses années de plomb.
De telles initiatives devraient s’inscrire dans une perspective de moyen terme visant à refonder la gauche marocaine et à élargir ses composantes pour intégrer toutes les forces qui ont pour objectif la transformation sociale et l’émancipation des Marocains et des Marocaines, à savoir les différentes formations de gauche qui optent pour l’opposition, les syndicats, les associations de défense des droits des femmes, les différents mouvements sociaux ( Mouvement du 20 février, coordinations de lutte contre la vie chère, associations des chômeurs diplômés, collectifs de défense des valeurs de modernité, etc.).
Ce n’est qu’à ce prix que la gauche marocaine retrouvera sa crédibilité et contribuera à l’édification d’un autre Maroc où se reconnaissent tou(te)s ses citoyen(ne)s.


Par Mohamed Saïd Saâdi, ex-ministre
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