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Le bioéthanol se prépare pour l’export

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Message par Admin le Sam 12 Mai - 15:14




Le Maroc, pays exportateur du bioéthanol ? Ce n’est pas de l’intox, mais un projet en gestation qui pourrait se concrétiser si les négociations actuellement en cours entre les parties concernées aboutissent dans les mois à venir. Il s’agit, d’une part, d’une société de droit marocain nouvellement créée et appelée ABLH, qui devrait servir de véhicule d’investissement, et de l’autre, de la commune urbaine d’Agadir.

Le projet, consistant en la construction d’une usine de production de ce biocarburant pour une enveloppe de 70 M€, est actuellement dans une étape d’accélération du processus de financement. Le tour de table, qui devrait compter des institutionnels marocains et des fonds d’investissements étrangers ciblant les énergies renouvelables et les projets de développement durable, n’est pas bouclé. «Une fois nos financements bouclés, Agadir se verra dotée de l’usine pilote. Aujourd’hui, nos partenaires sont en train de développer des projets en Europe, notamment en Grande-Bretagne et à Malte. Le Maroc est ainsi l’un des premiers pays concernés par cette technologie», a précisé Edwin Sluismans, associé gérant d’ABLH et directeur général de la société Greenberry implantée à Casablanca et filiale de la société américaine GeneSyst. En fait, la réalisation de l’usine d’Agadir se fera en plusieurs phases. Dans un premier temps, elle aura une capacité de traitement de 100.000 tonnes par an pour passer, après 36 mois environ, à 250.000 tonnes. «Nous allons démontrer que ce projet permettra non seulement de diminuer les investissements des communes, mais aussi de créer des emplois qualifiés et non qualifiés», a-t-il ajouté. Les budgets à économiser par la commune urbaine d’Agadir, bien qu’ils demeurent confidentiels, ne pourraient qu’être substantiels avec le lancement d’une industrie exportatrice génératrice de profits, surtout que la demande sera de plus en plus importante. «En Europe, il y a une circulaire qui prévoit qu’en 2020, 20% des carburants devront être d’origine renouvelable. Un objectif qui est loin d’être atteint. On pourrait conclure des contrats avec des marchés proches, tels que la France ou l’Espagne qui consomment plus d’éthanol qu’ils n’en produisent», estime-t-il. Même sur le plan de la création d’emplois, les initiateurs du projet promettent de réintégrer les 150 personnes travaillant sur le site de Tamelast pour faire le tri des intrants au niveau des déchets dans des conditions protégées.

Parallèlement, il est prévu de créer une filière technologique pour la formation d’une cinquantaine de biotechniciens et de chimistes spécialisés. Techniquement, la production de bioéthanol est basée sur le craquage de la lignocellulose des plantes à fibres qui compose les déchets organiques. Pour séparer les cellules des fibres grâce à une pression et une chaleur très élevées obtenues en faisant passer les déchets organiques hachés dans un puits, qui plonge très profondément dans le sol. À la sortie, il y aura du sucre, lequel produit de l’alcool, qui, une fois fermenté, donne du bioéthanol. En fait, la technologie est révolutionnaire, et, à en croire les initiateurs du projet, elle n’est pas consommatrice de grandes quantités d’eau. Si ce projet se matérialise, ce serait une première en Afrique, d'autant plus que la ressource utilisée émane des produits non valorisés actuellement au Maroc : les déchets ménagers. «On disposera ainsi d’un business model nous permettant d’essaimer ce type d’unités, sur différentes villes marocaines. À terme, la vision est de disposer de plusieurs usines, indispensables pour la création d’une véritable filière. Néanmoins, pour l’instant, ne mettons pas la charrue avant les bœufs, les enjeux sont importants et la tâche est ardue», a-t-il lancé. Il faut dire que les prochains moins sont cruciaux. Les partenaires financiers anglo-saxons dans ce projet attendent une participation massive des institutionnels marocains dans le tour de table. Selon les dires du management d'ABLH, des investisseurs marocains auraient déjà manifesté un intérêt pour ce projet, qui pourrait drainer un chiffre d’affaires annuel estimé à 19,5 millions d’euros pour 30 millions de litres d’éthanol produits chaque année.

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Histoire

L’utilisation de biocarburants comme carburants de substitution n’est pas une idée nouvelle. Les premières utilisations des biocarburants remontent quasiment aux débuts de l’automobile. L’année 1936 a connu la plus forte consommation, avec 4 millions d’hectolitres. La quête d’indépendance énergétique était alors le facteur déterminant dans le développement de ce produit. Dans les années 1960, l’offre abondante et bon marché de pétrole a éclipsé les biocarburants. Mais ces derniers se sont vus ouvrir de nouvelles perspectives au lendemain du choc pétrolier de 1973. Aujourd’hui, pratiquement tous les pays misent sur les énergies renouvelables pour résoudre le problème de dépendance énergétique.

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Edwin Sluismans, Associé gérant à ABLH et directeur général de Greenberry : «Objectif: récupérer près de 100.000 tonnes de déchets agricoles»

Les Échos quotidien : Des négociations sont en cours entre la société ABLH et la commune urbaine d’Agadir, pour la construction d’une usine de production du bioéthanol. En quoi consiste ce projet ?
Edwin Sluismans :
C’est un projet en gestation depuis un an, avec les autorités de la ville et nos partenaires étrangers. Il vise à apporter une solution pérenne au problème de la gestion des déchets ménagers au Maroc, qui dépense annuellement près d'1 MMDH pour leur traitement. Pour faire un benchmark, la France consacre, chaque année, près de 8 MM€ pour la collecte, le recyclage et le retraitement de ses déchets. Si le Maroc voulait se doter des mêmes structures de valorisation et de traitement, notre pays devrait investir annuellement l’équivalent de 40 MMDH. Impossible... car le 1 MMDH consacré au traitement des déchets représente 15 % du budget des collectivités locales. Soit un poste très conséquent dans le budget des communes et des villes. Aujourd’hui, le Maroc est engagé dans un programme de mise en place de décharges contrôlées, ce qui est en soi déjà un progrès vis-à-vis des décharges dites «sauvages», mais on est très loin d’avoir réglé le problème...

Pourquoi ?
Les décharges dites «contrôlées» sont une approche qui consiste à mettre des barrières autour du site et des bassins de rétention du lixiviat, ce liquide noir issu de la décomposition des matières organiques, nocif pour l’environnement et la santé publique.
Aujourd’hui, les déchets sont enfouis sans subir aucun retraitement. En Europe, l’enfouissement des déchets sans traitement préalable est formellement interdit dans certains pays, comme l’Allemagne car, quand la biomasse est mise sous terre, en milieu anaérobique, elle dégage, en plus du lixiviat, du méthane, gaz à effet de serre 23 fois plus nocif pour l’environnement que le CO2. C’est une vraie bombe à retardement écologique.
Aujourd’hui, les délégataires au Maroc reçoivent environ 300 DH par tonne de déchets, en contrepartie de leurs prestations. Comme je l’ai dit, c’est insuffisant pour fournir une prestation de niveau «européen», mais en même temps, ces prestations – le 100 % enfouissement – sont incompatibles avec les normes internationales. C’est une vraie problématique, car on est dans une situation «perdant-perdant».

Quelle est alors la particularité de votre projet aujourd’hui en gestation ?
Concernant le projet d’Agadir, nous tentons de changer de paradigme et de prendre le problème par l’autre bout... En effet, il ne faut plus considérer les déchets comme une issue à régler, mais comme une ressource à valoriser, et ce, en produisant un output sur la base de la matière organique retraitée : du bioéthanol. Aujourd’hui, 75 % des déchets ménagers au Maroc sont d’origine organique. L’approche consiste à mettre en place les process de traitement exclusifs, consistant à transformer dans un premier temps la biomasse en saccharide et ensuite, par fermentation et distillation, en bioéthanol. Cela nous permet de produire un carburant, le bioéthanol, qui est un substitut à l’essence ordinaire. Des pays, comme le Brésil et les États-Unis, ont mis en place depuis des décennies des filières pour ces «agrocarburants». L’Europe communautaire a mis en place également des circulaires visant à encourager les biocarburants. Notre vision est de mettre en place au Maroc une nouvelle filière, exportatrice dans un premier temps, à même de régler en partie la problématique des déchets municipaux, de mettre en place des unités créatrices de valeur et génératrices d’emploi.»

Les intrants ne sont-ils donc pas issus des cultures destinées à l’alimentation ?
Les filières américaines ou brésiliennes qui produisent du bioéthanol existent depuis une trentaine d’années. Elles utilisent le maïs ou la cane à sucre pour produire ces agrocarburants, donnant ainsi lieu à une compétition entre les cultures destinées à l’alimentation et celles répondant aux besoins énergétiques. Autre dilemme : si les États devaient demain se convertir totalement aux biocarburants, 100 % de leurs terres arables y seraient consacrées...On comprend donc où se situe la limite de ce type de carburants. C’est pourquoi on assiste à une forte volonté de développer des biocarburants de deuxième génération. C’est une distinction importante à établir, car l’idée ici n’est pas de faire pousser des plantes pour en faire du biocarburant, mais de traiter les déchets de plantes, notamment les racines, les feuilles, etc., ou encore la biomasse contenue dans nos déchets, qui aujourd’hui ne sont pas valorisés. De cette manière, à Agadir, il est prévu de récupérer, en surplus, près de 100.000 tonnes de déchets agricoles. Aujourd’hui les technologies arrivent à maturité pour traiter les parties les moins valorisées des plantes en vue de produire ce biocarburant. Nous ne sommes donc plus en compétition avec les cultures destinées à l’alimentation. On exploite ce qui pose problème à la communauté : les déchets, et ce, tout en créant de la valeur. Ainsi, on fait d’une pierre deux coups. Comme je l’ai dit, la gestion des déchets ménagers est en passe de devenir un problème majeur au Maroc, avec près de 6 millions de tonnes de déchets produits par an. Si on y ajoute notre dépendance en énergie fossile, il est primordial de développer des produits énergétiques liquides d’origine renouvelable, sachant que l’éolien et le solaire ne permettent de produire que de l’électricité, non pas des carburants.

On dit que cette technologie consomme beaucoup d’eau, qu’en pensez-vous?
Au contraire, l’unité recycle et réutilise l’eau contenue dans la biomasse : le circuit de transformation permet de récupérer une partie des eaux utilisées dans le processus d’oxydation. Le surplus d’eau est traité afin de répondre à des critères physicochimiques précis, permettant à ce surplus d’être réutilisé ensuite pour l’irrigation.

Pourquoi avoir commencé par la commune urbaine d’Agadir?
Nous avons opté pour la ville d’Agadir pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous avons été reçus et écoutés attentivement par monsieur le maire, Tarik Kabbaj, et ses équipes, qui ont déjà démontré une réelle vision orientée vers l’écologie et le développement durable. Une autre situation nous est favorable à Agadir. Elle concerne la distinction faite entre la collecte des déchets qui est toujours assurée par les équipes de la ville et leur enfouissement dans la décharge de Tamelast, mission qui incombe à un délégataire.

Où en êtes-vous par rapport aux négociations ?
Pour l’instant, nous sommes en discussion et en négociation pour la constitution du tour de table. Nous avons opté pour des investissements mixtes associant des institutionnels et des fonds d’investissement marocains à des bailleurs de fonds étrangers. La présence des investisseurs marocains dans le tour de table représente un gage de confiance et de pérennité pour les investisseurs étrangers. Nous espérons clôturer les négociations d’ici à quelques mois. Les retours sur investissements sont attractifs, notre «matière première» étant abondante ; c’est ce qui intéresse les grands groupes financiers qui souhaitent investir dans le développement durable et l’énergie «verte», avec une vision à long terme. De nombreux investisseurs ont misé sur l’éolien et le solaire et engagé des fonds colossaux dans ce domaine. La biomasse, en revanche, n’est que très peu investie pour le moment. Les moyens technologiques concernant cette énergie renouvelable se mettent progressivement en place.

Par Nadia BENYOUREF
Mise à jour le Jeudi, 10 Mai 2012 16:50

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