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Le générique au centre des priorités

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default Le générique au centre des priorités

Message par Admin le Dim 1 Avr - 18:13



Le générique au centre des priorités  Info_183

Couverture de 65% des besoins en médicaments et exportation de 10% de la production

Le générique au centre des priorités  Info_184

L’industrie pharmaceutique au Maroc a fait l’objet d’études, dont les plus importantes sont l’« Etude sur la concurrenciabilité du secteur de l’industrie pharmaceutique » du Conseil de la Concurrence et le «Rapport sur le Prix du Médicament au Maroc», de la Chambre des Représentants (Novembre 2009). L’Observatoire de l’Entrepreunariat a, pour sa part, rendu publique une étude similaire intitulée « Etude pharmaceutique », réalisée par Safa El Fahli, dont nous donnons dans ce dossier de larges extraits afin de mieux faire connaître cet important secteur impliquant au premier chef le citoyen marocain et comportant des enjeux majeurs relatifs à la santé et à l’économie.
Le marché pharmaceutique mondial reste dominé par l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon et laisse peu à peu place aux pays émergents, caractérisés par une classe moyenne, susceptible de consommer des médicaments en dépit de l’absence d’un système de protection, note cette étude.
Sous la pression croissante des creusements des déficits des organismes payeurs, cette nouvelle configuration, influence les stratégies nationales et opérateurs qui sont désormais davantage orientés vers la biotechnologie, la concentration sur des classes thérapeutiques et des niches bien précises ou carrément vers l’acquisition ou la fusion avec d’autres entités.
Au Maroc, l’industrie pharmaceutique est jeune mais évolue rapidement. Aujourd’hui, le Royaume produit près de 65% de ses besoins en médicaments et exporte 10% de sa production, notamment vers les pays africains.
Par ailleurs, soucieux tant de baisser le coût des soins que de faciliter l’accès au médicament, l’Etat s’est engagé dans un processus de réforme qui place le générique au centre des priorités.
Dans l’attente de la concrétisation de cette politique, les opérateurs rivalisent de stratégies. Alors que certains sont en quête de nouveaux marchés, essentiellement, en Afrique, d’autres optent pour le rachat d’usines ou décident même d’avoir recours au marché des capitaux pour financer leur développement.
Sur le plan financier, en dépit d’une forte croissance de l’activité et d’une rentabilité satisfaisante, certains opérateurs nationaux souffrent d’une mauvaise gestion du recouvrement entraînant une trésorerie “passif” élevée.
Les forces de ce secteur résident, selon l’étude, dans :
- Le classement encourageant en Afrique (Maroc second après l’Afrique du Sud).
- La longue expérience et le savoir-faire dans le domaine de l’industrie pharmaceutique.
- La présence de majors mondiaux.
- La conformité aux normes internationales de qualité.
- L’industrie pharmaceutique classée par l’OMS dans la zone Europe.
- La dépendance moins importante des importations.
- La pénétration de certains pays africains, soit à travers des prises de participation ou via l’export.
Ses faiblesse résident dans la TVA élevée comparée aux pays arabes, la cherté des médicaments et la faiblesse des investissements en Recherche et Développement.
C’est un secteur qui recèle des opportunités dues notamment à :
- La faible consommation de produits pharmaceutiques.
- L’enrichissement constant de la liste des médicaments remboursables dans le cadre de l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire) et du RAMED (Régime d’Assurance Maladie pour les Economiquement Démunis).
- L’introduction croissante du générique, médicament à faible coût.
Les « menaces qui pèsent sur le marché proviennent, selon l’étude du fait que ce marché est très concurrentiel avec les pays émergents, notamment, la Chine, l’Inde et le Brésil, avec l’ALE, l’UE, la Turquie et les Etats-Unis.
Il existe en outre une concurrence déloyale du secteur informel et de la contrebande.

Inversement de tendances en faveur du générique et des pays émergents

La demande mondiale de médicament a augmenté jusqu’au début des années 2000 à un rythme deux fois plus rapide que la croissance du produit intérieur brut. Si la croissance du secteur est appelée à se modérer au cours des cinq prochaines années, elle resterait durablement supérieure à celle du PIB.
Cette demande est globalement tirée par le vieillissement de la population dans les pays ayant achevé leur transition démographique, l’émergence d’une classe moyenne plus importante, la mise en place progressive de systèmes de santé dans les pays en voie de développement et les craintes liées aux pandémies. Ces facteurs réunis ont permis au marché mondial du médicament d’afficher une croissance annuelle moyenne de 7,2% depuis 2002.
En 2014, le marché pharmaceutique atteindrait même les USD 1 100 milliards, contre USD 837 milliards en 2009.
Mais si les ventes mondiales de médicaments augmentent, un ralentissement se fait ressentir. Cette perte de cadence peut s’expliquer par la chute des ventes de plusieurs médicaments phares, concurrencés par des génériques du fait des brevets qui arrivent à échéance.
De plus, les coûts de Recherche et Développement (R&D) puis de marketing et de communication sont assez élevés. A titre d’illustration, ils représenteraient respectivement entre 15% et 21% et entre 25% à 35% du chiffre d’affaires des dix premiers groupes mondiaux.
Le plus fort recul, observé en 2008, s’expliquerait principalement par la crise financière qui a paralysé l’économie mondiale.

Inégalités Nord-Sud

Chaque année, plus de 2 milliards de personnes manquent de médicaments pour des maladies traitables, 14 millions meurent de maladies infectieuses et plus de 100 millions tombent en dessous du seuil de pauvreté à cause des frais de santé.
De plus, l’accès aux médicaments demeure très inégalement réparti, ne reflétant nullement le besoin des populations en termes de soins. Bien qu’il soit nécessaire à tout le monde, les pays du Nord disposent de meilleures couvertures médicales et d’aides sociales. Les pays les moins développés, par contre, souffrent souvent d’une quasi absence de systèmes de sécurité sociale et d’assurance-maladie, d’infrastructures déficientes et mal organisées, de conditions d’hygiènes difficiles, d’un manque de formation du personnel et d’une insuffisante prévention de certaines maladies.
Cette distribution inégale est par ailleurs le miroir de la répartition des richesses dans le monde : les pays développés consomment trop de médicaments (ce qui peut même entraîner une baisse d’efficacité de certains d’entre eux). En effet, selon l’IMS health, leader mondial des études et du conseil pour les industries du médicament et les acteurs de la santé, 18% de la population mondiale consomme 81% des médicaments tandis que les régions d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, constituant 73% de la population mondiale et détenant près du tiers du PIB mondial, ne s’accaparent que 13% de la consommation mondiale.
L’Amérique du Nord reste le plus gros consommateur : 5% de la population mondiale consomme 40% des médicaments, soit 10 fois plus de médicament que le reste du monde.
Rapportée à la population totale par zone géographique, les Etats-Unis caracolent logiquement en tête du classement des dépenses annuelles de médicaments par habitant avec USD 1 062, contre USD 836 au Canada parmi les 23 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les Etats-Unis et le Canada ont contribué jusqu’en 2006 à faire l’essentiel de la croissance du marché total du médicament.
Désormais, le flambeau de cette croissance passe aux pays émergents, dénommés les «pharmergings», à savoir le Brésil, la Turquie, la Russie, la Chine, l’Inde, le Mexique, la Corée du Sud, le Venezuela, la Pologne, l’Argentine, le Vietnam, l’Afrique du Sud, la Thaïlande, l’Indonésie, l’Egypte, le Pakistan et l’Ukraine.
En 2009, la croissance économique de ces pays a été plus forte que celle de l’Amérique du Nord.
En 2012, selon IMS health, les Etats-Unis domineront toujours le marché pharmaceutique mondial, mais seront rapidement talonnés par la Chine qui, de la neuvième place en 2003, grimperait au troisième rang, juste derrière le Japon et devant l’Allemagne et la France, leaders du marché européen.
Ainsi, selon une étude réalisée par le cabinet Ernst & Young, l’Afrique, l’Asie et l’Australie afficheraient la plus forte croissance du marché, soit le triple de celle des Etats-Unis.

L’oncologie, un marché juteux

En 2009, le premier segment de marché par indication thérapeutique est l’oncologie avec USD 52,3 milliards et un taux de croissance de 8,8%, suivi des régulateurs des lipides avec USD 35,2 milliards, en évolution de 4,9%. En troisième position, se place le marché des voies respiratoires avec USD 33,5 milliards, soit une évolution de 11%.
Les plus fortes évolutions ont été enregistrées au niveau des agents auto immunes, avec 18% de hausse, suivis des anti-VIH (14,9%) et des marchés des antidiabétiques (13,4%). Sur les quinze principales classes thérapeutiques, seules
les segments des antidépresseurs, des antiépileptiques et des Erythropoïétines sont en baisse. Cette dernière classe est en recul, depuis quelques années, -4,1% en 2009 contre -13,2% en 2008.

La révolution des génériques

Il y a encore quelques dizaines d’années, le secteur pharmaceutique était très largement dominé par des médicaments brevetés qui ne pouvaient avoir de concurrents (princeps).
D’une durée de 20 ans maximum, les brevets assurent la propriété intellectuelle, puis tombent dans le domaine public pour ne pas léser les consommateurs avec des produits trop chers.
Dès lors, l’arrivée à expiration de nombre de ces brevets a mis fin au monopole des laboratoires innovateurs sur lesdits princeps, renforçant la concurrence sur le marché.
Face au poids accru des génériques, les grands groupes pharmaceutiques essayent, chaque année de mettre sur le marché deux ou trois produits phares (notamment appelés blockbusters), dont le potentiel de vente est supérieur à USD 1 milliard.
Aujourd’hui, le marché mondial des génériques est évalué à USD 84 milliards, soit une évolution de 7,7% par rapport à 2008, dont 59 milliards répartis entre les Etats-Unis (42%), l’Europe (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume Uni : 23%) et le Japon (6%).
Dans les 4 années à venir, de nombreux médicaments (dont le chiffre d’affaires s’élève à USD 80 milliards) vont encore tomber dans le domaine public, entraînant mécaniquement un fort développement du marché mondial des génériques.
Les prévisions annuelles de croissance sont ainsi de 9%, pour atteindre entre USD 135 et USD 150 milliards en 2015. Les prix compétitifs des génériques contribuent également à leur expansion. En 2007, ils représentaient près de la moitié des ventes en volume pour seulement 15% des ventes en valeurs.
Dès lors, souhaitant optimiser les budgets alloués aux dépenses de santé, les gouvernements cherchent à promouvoir davantage l’utilisation des produits génériques par rapport aux princeps, en accroissant leur utilisation dans les hôpitaux par exemple.
Dans un contexte marqué par le dilemme entre la volonté à la fois d’optimiser les dépenses de l’État et de soutenir l’innovation et la consommation, certains États adoptent des mesures offensives tandis que d’autres restent plutôt sur la défensive.

Politiques nationales défensives

La régulation de l’offre reste l’une des mesures les plus courantes. Elle s’est centrée, dans certains pays, sur le contrôle des prix et de la promotion, des autorisations de mise sur le marché ou la mise en place d’une taxe sur les dépenses de promotion.
Elle peut aussi s’exercer par un contrôle des volumes, comme c’est le cas en France avec le système de l’ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie) renvoyant à une taxation au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires industrielles.
Toutes ces stratégies ne sont que le reflet du renforcement de la politique de maîtrise des coûts de la santé. En effet, plusieurs pays font face à la montée du déficit budgétaire provoqué par la crise économique, et à plus long terme par le vieillissement de la population, qui met en danger le système public d’assurance maladie et d’assurance retraite. En France par exemple, le déficit a atteint près de EUR 10 milliards en 2009.
L’établissement de clusters est considéré comme une déterminante essentielle des tendances esquissées dans les pays qui ont opté pour les stratégies offensives. En effet, l’importance que revêt l’industrie pharmaceutique a poussé plusieurs Etats à créer des pôles de compétitivité favorisant l’innovation pharmaceutique issue notamment de la Recherche et Développement et générant des effets de réseaux entre différentes parties prenantes de la chaîne de valeur de l’industrie du médicament.
A titre d’exemple, en France, trois pôles dédiés à la santé se distinguent par leur vocation mondiale : Medicen pour la région Ile de France, Lyon Biopole et Alsace Biovalley.
Par ailleurs, conscients du potentiel du développement du générique dont le taux de pénétration est de plus de 70% en France, 65% au Canada et au Royaume-Uni et de 51% en Turquie, l’octroi de droits de substitution est légion chez nombre de pays.
Il s’agit du droit accordé aux pharmaciens d’officine de remplacer un médicament prescrit sur une ordonnance du médecin par un autre. En Tunisie par exemple, les pharmaciens peuvent proposer aussi bien le princeps que le générique et le choix final incombe au patient.
La généralisation de la couverture sociale demeure également une des mesures les plus appliquées. Le texte de loi y afférent est désormais adopté aux Etats-Unis. Il devrait permettre de garantir une couverture santé à 32 millions d’Américains qui en sont actuellement dépourvus. L’objectif est de couvrir 95% des citoyens de moins de 65 ans et des handicapés, les plus âgés étant déjà protégés par un système d’assurance public, le Medicare, tandis que
le Medicaid protège les foyers à très faibles revenus.
Enfin, force est de souligner que d’autres pays, tels les Etats-Unis et le Japon, sont en tête dans les biotechnologies, objets de toutes les convoitises, grâce à l’adoption précoce d’un cadre réglementaire et fiscal encourageant les installations de nouveaux laboratoires et les efforts de recherche, avec des financements nationaux significatifs.
Les groupes pharmaceutiques sont aujourd’hui confrontés à trois défis majeurs (compétitivité par les coûts, par la
diversification et par l’innovation) susceptibles, non seulement, de créer de nouvelles opportunités mais également de réduire leurs coûts de production. Dans ce contexte, certains ont adopté différentes stratégies allant des politiques d’acquisition à la délocalisation en passant par la diversification des classes thérapeutiques et la constitution en lobbies.
D’autres acteurs ont, pour leur part, essayé de tirer profit de l’essoufflement du modèle des “blockbusters” en s’orientant davantage vers la biotechnologie et les produits niches.

Course au gigantisme

Confrontée à la concurrence croissante des génériques, à la baisse des prix des princeps ainsi qu’à une plus grande difficulté à commercialiser de nouveaux médicaments, l’industrie pharmaceutique mondiale a connu une série d’opérations de concentration qu’il s’agisse de rachat ou de projet de fusion.
En effet, 2009 a été marquée par la course de gigantisme et a bouleversé l’ordre établi.
Sanofi-Aventis et AstraZeneca ne font plus partie du Top 5 de la pharmacie mondiale. Ils ont été recalés respectivement aux sixième et septième rangs des laboratoires en termes de chiffre d’affaires. Quant à l’américain Pfizer, il a conforté sa place de numéro un mondial en acquérant l’an dernier son compatriote Wyeth pour USD 68 milliards.
Dans un secteur où le poids des «instances représentatives» compte beaucoup dans les arbitrages décisifs, qu’il s’agisse des avis scientifiques ou réglementaires, les grands groupes pharmaceutiques se constituent en lobbys pour défendre leurs intérêts.
Face à la perte de brevets sur les médicaments vedettes, à la réglementation stricte sur les prix, aux effets de la crise économique sur les revenus, les groupes pharmaceutiques cherchent à tirer profit des pays émergents où les opportunités de développement semblent plus encourageantes. Certains grands groupes développent ainsi de nombreuses relations avec d’autres firmes de pays émergents, soit à travers des alliances ou des rachats pour s’y implanter. D’autres, en revanche, préfèrent y délocaliser leurs activités.
Présent en Chine depuis 1982, Sanofi- Aventis a, par exemple, considérablement renforcé sa stratégie d’implantation en Amérique Latine et en Asie, multipliant les rachats en 2009 et réalisant près du quart de son chiffre d’affaires sur ces marchés. Par ailleurs, le groupe Abbott a récemment racheté la filiale pharmaceutique indienne Piramal Healthcare, pour un montant de USD 3,72 milliards, devenant ainsi le leader du marché indien.

Biotechnologie, un passage obligé

Les grands groupes pharmaceutiques ne s’appuient plus seulement sur l’innovation pour continuer de se développer. La recherche de nouvelles molécules devient de plus en plus chère et les contraintes règlementaires rendent ces investissements incertains.
Face à ces défis, les multinationales ont recours aux biotechnologies, nouveau modèle de croissance de l’industrie du médicament dont l’objectif est la mise au point de produits de spécialités, destinés à des pathologies mieux ciblées, non encore traitées et encore peu sensibles à la menace des génériques.
Par conséquent, les grands laboratoires acquièrent aujourd’hui de plus petites entités de biotechnologie susceptibles d’apporter de nouvelles molécules. D’une part, ces petites structures de biotechnologie assurent la créativité et la réactivité nécessaires au développement de produits innovants et, d’autre part, les grands groupes pharmaceutiques prennent en charge la mise au point finale de produits et les ventes nécessitant des essais cliniques au niveau international.
Les négociations en cours de finalisation pour le rachat de la société américaine biotechnologique Genzyme par Sanofi-Aventis en est la parfaite illustration.
Les groupes pharmaceutiques se sont fortement spécialisés dans certaines classes thérapeutiques ou certaines étapes du processus de production, jugées comme ayant un potentiel de développement important. A titre d’illustration, les domaines de l’oncologie, du diabète, de la sclérose en plaques et du VIH devraient connaître une croissance plus forte que les autres, grâce notamment à l’arrivée de nouveaux médicaments sur le marché, selon l’IMS.
De plus, d’énormes gisements existent dans des pathologies n’ayant pas reçu de réponses satisfaisantes ou celles existantes, mais pouvant être améliorées.

Une industrie jeune à développement rapide

L’industrie pharmaceutique marocaine est née dans les années soixante avec la volonté des pouvoirs publics de substituer progressivement les importations par des produits fabriqués localement.
Ainsi, dans un souci d’encadrer rigoureusement l’exercice de la pharmacie, l’Etat a mis en place le Dahir de février 1960 définissant les conditions d’exploitation du médicament. Cinq ans plus tard, le Ministère de la santé impose la fabrication locale progressive de certains médicaments à l’exception des produits ne représentant que de faibles quantités consommées ou nécessitant une technologie sophistiquée et trop coûteuse.
L’industrie locale s’est de ce fait développée et a donné lieu à l’installation de multinationales et à l’expansion d’entités nationales. Le Royaume compte aujourd’hui 35 unités pharmaceutiques dont la production est conforme aux normes internationales de qualité contre uniquement 8 en 1965 et 25 dans les années 80.
Au cours des 20 dernières années, l’industrie pharmaceutique marocaine a connu un développement sans précédent.
L’Organisation Mondiale de la Santé atteste d’ailleurs d’une expérience confirmée et d’un savoir faire avéré et la classe dans la «zone Europe».
Une production destinée principalement au marché domestique.
Située en deuxième position en termes de taille et de chiffre d’affaires au niveau du continent africain, l’industrie pharmaceutique marocaine produit près de 280 millions d’unités par an, dont 10% destinés à l’export, et génère un chiffre d’affaire de plus de MAD 10 milliards, selon les données de l’OMPIC. Le Royaume assure près de 65% de ses besoins en termes de médicament, le reste étant importé depuis l’étranger et principalement de la France.
Il convient de signaler que la croissance du marché pharmaceutique tant en valeur qu’en volume s’est accélérée depuis 2006, surtout suite à l’entrée en vigueur de l’Assurance Maladie Obligatoire.

Faible consommation


Alors qu’en France, la consommation moyenne de médicaments avoisine les USD 517, elle reste très faible au Maroc avec USD 21, soit près de MAD 200 par habitant par an, en raison d’une faible couverture sociale, d’un pouvoir d’achat peu élevé et de la cherté des médicaments. A plus long terme, en 2015, la dépense moyenne par tête d’habitant devrait avoisiner les MAD 470 par an.
Par ailleurs, alors que l’OMS préconise de consacrer un minimum de 10% du PIB aux médicaments, ce taux est de moins de 5% au Maroc.
Selon le classement thérapeutique des médicaments consommés au Maroc, les médicaments de l’appareil digestif et du métabolisme figurent en première place avec 17,8% de part de marché et près de MAD 1,3 milliard. Les médicaments des anti-infectieux et du système nerveux central arrivent en deuxième et troisième position et accaparent respectivement 17,3% et 11,1% du marché.
Les exportations augmentent, en moyenne, au même rythme que les importations. En effet, tandis que les exportations enregistrent une évolution annuelle moyenne de 10,4% et de 15,4% en termes de volume et de valeur, les importations affichent respectivement 10,2% et 14,3% sur les 5 dernières années.
Malgré cette performance, les exportations du pays restent en deçà des réalisations de certains pays de la zone MENA tels que la Jordanie, la Turquie et l’Egypte.
Par ailleurs, le ratio élevé du rapport entre le montant et le volume importé trouve son origine dans la prédominance des princeps dans le portefeuille des importations marocaines, soit parce qu’ils sont sous brevet, soit à cause de la technologie ou des procédés de fabrication très coûteux.
Enfin, il convient de souligner que même si la France demeure le partenaire numéro un du Maroc tant en termes d’importations que d’exportations, les pays de la région MENA constituent un fort potentiel de développement de l’industrie pharmaceutique marocaine.

Les génériques, une aubaine pour le consommateur

Au Maroc, les génériques, représentant 30% du marché global des médicaments et ont réalisé une hausse de 65% en volume et 51% en valeur entre 2003 et 2007. Sur le marché national, plus de 50% des médicaments génériques vendus sont des antibiotiques.
L’engouement des patients marocains pour ce «compartiment» s’explique essentiellement par un important différentiel de prix, estimé à 50%.
En effet, ils constituent une voie inévitable à l’accès aux soins pour les plus démunis et un moyen incontournable permettant d’équilibrer les comptes des systèmes d’assurance maladie (AMO, RAMED…).

Entre généralisation de l’accès aux soins et maintien des investissements

L’équation entre le souci social de généraliser l’accès à des médicaments moins chers et la nécessité de maintenir et, surtout, d’attirer de nouveaux investissements étrangers dans le secteur pharmaceutique, générateurs de milliers d’emplois, ne sera certainement pas facile à résoudre.
Dans le cadre de l’universalité des soins, l’Etat marocain souhaite ainsi assurer à toute la population l’égalité de l’accès aux soins à travers la mise en place d’un système de couverture médicale généralisée, l’assurance maladie obligatoire (AMO).
Prévue par la loi 65-00, l’AMO propose une assurance maladie de base pour tous, y compris les individus qui ne répondent pas aux critères d’ouverture des droits à la Sécurité Sociale et les personnes les plus vulnérables.
Promulguée le 21 novembre 2002, et entrée en vigueur dès le 1er mars 2006, cette loi consiste à financer les soins hospitaliers, les consultations médicales et l’achat de médicaments.
Ce système comprend deux régimes complémentaires:
- L’assurance maladie obligatoire (AMO), fondée sur le principe contributif et sur la mutualisation des risques au profit des personnes exerçant une activité lucrative, des titulaires de pension, des anciens résistants et membres de libération et des étudiants.
- Le régime d’assistance médicale (RAMED), fondé sur le principe de l’assistance sociale et de la solidarité nationale au profit de la population démunie.
A terme, le régime AMO envisage une couverture généralisée à toutes les catégories.
Il vise à couvrir la population marocaine par étapes : les salariés en premier lieu, suivis de la population la plus vulnérable, puis les professions libérales et enfin les personnes, non salariées, exerçant une activité.
Avec l’application du code de la couverture médicale, la progression annuelle du marché des médicaments est passée de13,9% entre 2000 et 2005 à 40,6% entre 2006 et 2009.

Les génériques, bonheur pour certains et malheur pour d’autres

Au Maroc, les médicaments demeurent chers compte tenu du pouvoir d’achat de la population. Face à cette donne, le Ministère de la santé a procédé à une réduction des prix de plusieurs médicaments depuis juillet 2010. Toutefois, cette baisse, aussi notable soit elle, reste insuffisante pour les démunis.
De ce fait, la stratégie du Département de la Santé vise à atteindre à l’horizon 20152 un taux de pénétration du générique de plus de 60% à répertoire constant et une augmentation de 40% des volumes de médicaments vendus. L’enjeu est aussi d’aboutir à une généralisation de la couverture médicale et à la réduction du déficit des caisses d’assurances. Au préalable, il s’avère primordial d’amender le Code des médicaments et de la pharmacie.
Cependant, cette décision n’a pour le moment pas eu l’adhésion escomptée aussi bien de la part des médecins, des industriels que des pharmaciens. Alors que certains arguent que la bioéquivalence n’existe pas et se méfient de la qualité des génériques, les autres redoutent une baisse de leur marge bénéficiaire.
En dépit de cette résistance, le Ministère de la santé s’apprête à prendre courant 2011 une série de mesures importantes visant à promouvoir les ventes de médicaments génériques.
La première concerne le droit de substitution. (Un texte de loi devait être présenté au parlement suivi par un décret d’application). Ce droit de substitution ne peut faire d’effets que s’il est accompagné d’une refonte complète du système des marges des pharmaciens.
La deuxième mesure porte ainsi sur l’application de marges progressives et la mise en place d’un barème plus intéressant pour les génériques en faveur des pharmaciens.
L’application de ces mesures aura des effets positifs sur la politique de l’état visant la généralisation de l’accès aux soins ainsi que sur les bénéfices des laboratoires fabriquant du générique, sans oublier l’économie sur les charges supportées par les gestionnaires de l’assurance maladie au titre des remboursements des médicaments.
Toutefois, les laboratoires filiales de multinationales seraient les grands perdants.
La réforme représente pour eux une perte de chiffre d’affaires estimé à près de MAD 3,2 milliards, soit 43% de moins que ce qu’ils réaliseraient si la situation actuelle se maintenait.
De multiples efforts sont consentis par les opérateurs de l’industrie pharmaceutique qui rivalisent de stratégies pour stimuler leurs ventes et doper leurs résultats.
L’expansion à l’international, surtout en Afrique, s’est imposée comme un élément clé des stratégies de croissance des principaux acteurs du secteur. Le rachat d’usines de multinationales ainsi que le recours à la bourse pour le financement sont autant de stratégies adoptées par les opérateurs.

Les groupes marocains en quête de nouveaux marchés

Le marché africain constitue un excellent débouché pour les entreprises marocaines non seulement en termes d’exportations de médicaments mais également d’implantation directe.
En effet, SOTHEMA a créé une filiale au Sénégal, West Afric Pharma, où seront fabriqués essentiellement des médicaments génériques à bon prix destinés au marché local. Si pour le Sénégal, le laboratoire a opté pour l’implantation directe, sur le marché algérien, il sera partenaire d’un industriel qui détiendra 49% du capital.
Par ailleurs, PROMOPHARM exporte des médicaments vers l’Algérie et la Tunisie depuis le début des années 90. En 2003, le laboratoire pharmaceutique a acquis 87,7% d’AIMM SARL (Algérie Industrie Méditerranéenne du Médicament) pour MAD 8 millions. Le choix d’une implantation en Algérie est motivé par la proximité de ce marché et de son adhésion à la stratégie de la société.
Certaines entreprises optent pour l’acquisition d’autres unités de production pour se renforcer sur le marché marocain.
Tel est le cas de SOTHEMA qui a racheté en 2010 l’usine d’antibiotiques du laboratoire suisse NOVARTIS. Le nouvel ensemble pèsera près de MAD 1,2 milliard en termes de chiffre d’affaires.
En marge de cette opération, aussi bien SOTHEMA que NOVARTIS ont convenu de développer les génériques. De son côté, SOTHEMA s’est engagé à produire, sous contrat, 25 médicaments de NOVARTIS, selon les normes de l’industriel pharmaceutique suisse.

Le remède de la bourse

Le recours à la bourse pour lever des fonds permet, d’une part, de renforcer la bonne gouvernance et la transparence des entreprises du secteur et garantir leur pérennité et, d’autre part, d’assurer une liquidité des titres du capital.
La première opération de ce genre dans le secteur date de 2005 avec l’introduction de SOTHEMA à travers la cession de 15% de son capital. Cette démarche entre dans le cadre de la volonté de la société de consolider sa notoriété tout en s’inscrivant dans une logique de transparence.

ODE - Industrie Pharmaceutique

Deux ans plus tard, PROMOPHARM lui a emboité le pas et a également décidé de lever des fonds à travers la cession de 25% de son capital.
Après ces deux expériences qui capitalisent à elles seules MAD 2,8 milliards, les laboratoires BOTTU ont dévoilé leur intention d’entrer en bourse courant 2011.

Un marché partagé entre une poignée d’entreprises

Dès 2000, l’activité pharmaceutique au Maroc a été étoffée d’une dizaine de nouvelles unités de production étrangères et marocaines pour un investissement global de près de MAD 2 milliards.
88% du marché est partagé entre une poignée d’entreprises, réalisant un chiffre d’affaires de près de MAD 8,5 milliards.
Sont concernées par cette analyse stratégique trois entreprises marocaines ayant fait l’objet d’une introduction en bourse ou préparant leur entrée incessamment sous peu.

SOTHEMA

Créée en 1976 et employant près de 850 personnes, l’entreprise est dotée d’une capacité de production de 150 millions d’unités par an et possède un portefeuille de 260 médicaments.
Les stratégies adoptées par SOTHEMA sont variées. Après le succès au niveau national, l’entreprise s’est tournée vers l’international à travers l’acquisition d’une unité de production notamment au sénégal.
Spécialisée dans la production de médicaments génériques, cette entité couvrira la zone CFA et l’Afrique de l’ouest. L’implantation à Dakar réussie, SOTHEMA a rejoint la cote en 2005 avant de procéder au rachat de Novartis en 2010.
Occupant le sixième rang dans le classement des laboratoires pharmaceutiques, SOTHEMA a réalisé un chiffre d’affaires de MAD 733 millions en 2009, en progression de 10% en moyenne sur les dix dernières années.
Toutefois, les provisions ainsi que les dotations d’amortissement ont fortement impacté le résultat net qui a enregistré une baisse de 46,3% entre 2008 et 2009.
En dépit de cette contre-performance, SOTHEMA a pu conserver la 6ème place dans le classement de la profession avec une part de marché de près de 7%.

PROMOPHARM

En août 1985, la société Moussahama acquiert la société Lafrabiol, devenue Promopharm S.A, au prix correspondant au montant du capital social, soit MAD 5 millions. Détenue majoritairement par la famille MERNISSI, l’entreprise est entrée en bourse courant 2007.
Le plan stratégique de PROMOPHARM tourne autour de 2 axes. Le premier porte sur le renforcement de l’activité à l’export notamment en Algérie et en Afrique de l’Ouest à travers l’enregistrement de nouveaux produits ainsi que de médicaments spécifiques aux pathologies locales. Le deuxième concerne la saisie d’opportunités cohérentes avec le positionnement stratégique de la société, en particulier concernant les activités de façonnage, de distribution et de
biotechnologie.
Réalisant un chiffre d’affaires de MAD 357 millions en 2009, en hausse de 1,2% par rapport à 2008, PROMOPHARM a toutefois enregistré un recul par rapport à 2008 de son résultat net bénéficiaire de 2,6% à MAD 65,7 million. Ce repli trouve en partie son origine dans le poids grandissant des charges financières, impactées fortement par les dotations financières.

BOTTU

Fondée en 1953, Bottu SA est considérée parmi les premiers laboratoires pharmaceutiques marocains. Contrôlée par la famille BERRADA depuis le début des années 80, cette entreprise a réalisé près de MAD 375 millions en 2009 pour un volume de ventes de 31 millions d’unités.
L’entreprise intervient sur l’ensemble de la chaîne du médicament allant de l’importation des matières premières ou des produits finis à la transformation et la commercialisation de médicaments.
Dans le but de renforcer sa stratégie d’expansion, l’entreprise compte rejoindre SOTHEMA et PROMOPHARM en s’introduisant en bourse courant 2011.
En 2009, l’entreprise a affiché un chiffre d’affaires de MAD 373 millions et un résultat net de MAD 50 millions, soit une augmentation respective de 15,5% et 11,3% par rapport à 2008. Ces indicateurs témoignent de la performance industrielle et commerciale de BOTTU qui, malgré ses engagements en matière d’investissement (MAD 34,6 millions en 2009), continue sur sa percée.

Le générique au centre des priorités  Par2_25931/3/2012

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